Varsovie - Samedi 14

 En promenade avec Béniou le chat. Malgré la laisse, je crois que c’est lui qui commande. Les sorties avec Béniou ressemblent à des aventures très minuscules. Au pied des grands immeubles, les gens ouvrent des yeux ronds parce qu’au bout d’une laisse, ils s’attendraient plutôt à voir un chien. Minou ! Minou ! Comment vous faites ? Il a l’air si sage ! C’est parce que c’est moi qui lui obéit, je réponds. En se cachant derrière les buissons, on longe la cour déserte de la maternelle. Béniou voudrait bien passer sous la grille, mais je dois l’en empêcher. Je crois qu’il est attiré par les volatiles (la cour de l’école maternelle est pleine de verdure). Lorsque les passants ou les voitures surgissent nous courons très vite dans l’autre sens. Je m’efforce de ne pas courir comme un ours parce que Béniou me prendrait pour un prédateur. S’il paniquait, je ne suis pas sûr que le fin harnais tiendrait le coup. Un oiseau minuscule nous a repéré et donne l’alerte avec un bruit répété, un bruit sec et agressif, comme le bouchon d’un tac-tac, mais beaucoup plus rapide, suivi parfois d’une note fluette. Il cherche à protéger son nid. Enfant, je jouais au tac-tac dans la cour de l’école. Deux boules attachées à un fil qui rebondissaient l’une contre l’autre. Je trouvais ça tellement fascinant ! Mes copains aussi. On se le prêtait pour savoir qui ferait le plus de tacs. Il y en avait toujours un plus fort que moi. Je n’ai jamais eu de chance pour gagner.

 Quelques gouttes éparses tombent du ciel gris. Cela ne décourage pas Béniou. Si je l’écoutais, il m’emmènerait jusqu’au zoo de Praga. Cette fois, c’est moi qui décide de rentrer. Nous découvrons même le plaisir de l’ascenseur.

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