Vendredi 15 mai - Querelle dans la rue

Scène de la vie quotidienne dans les rues de Varsovie. Deux septuagénaires se crêpent le chignon. D’après la situation, je devine que l’un a voulu garer son SUV flambant neuf à une place étroite (j’ai parfois l’impression que les hommes d’un certain âge cherchent à compenser l’impuissance liée à leur vieillesse par la puissance de voitures aussi grosses et luisantes que possible). Sans doute a-t-il légèrement égratigné le pare-chocs du SUV flambant neuf de l’autre qui se montre passablement excité, crie dans la rue comme si on venait de commettre un meurtre, pousse le premier de la poitrine. Vont-ils en venir aux mains ? Se sentant agressé, le second repousse le premier des mains. Il crie aussi, mais sa voix fluette ne parvient pas à couvrir la voix du premier. Ils finissent par se calmer parce que, j’imagine, qu’aucun d’entre eux ne souhaite finir cette affaire au tribunal.

Il y a quelque années, en entrant dans un parking souterrain, un jeune père de famille Allemand avait heurté le pare-chocs arrière de ma vieille Clio. Dans sa vieille Volvo, son épouse, ses deux enfants, des bagages dans tous les sens. Je crois que nos véhicules respectifs n’étaient ni très neufs, ni très propres. Il y avait bien des égratignures sur nos pare-chocs, mais sincèrement, je m’en fichais comme de ma première chemise. J’ai haussé des épaules. Je lui ai dit que ce n’était rien en lui souhaitant bonnes vacances. Sa réaction de gratitude m’a profondément étonné. Mince alors ! Peut-être aurais dû faire une scène ?