Hier, accompagné par Gasper, en visite au MSN (le musée d’art moderne de Varsovie), nous plongeons dans l’univers des surréalistes. Je découvre beaucoup de noms : André Masson, Marie Čermínová Toyen, Alois Wachsman, Roberto Matta et tant d’autres.
Lorsque j’étais étudiant, l’une de mes amies étudiait l’histoire de l’Art. Elle avait préparé un mémoire de maîtrise sur Pierre Soulage. Je me souviens qu’elle pouvait rester plusieurs heures devant un tableau. Ces longues contemplations suscitaient mon admiration, mais elles n’ont pas tellement changé ma manière de parcourir un musée (plutôt en coup de vent, mais sans chercher à tout voir).
Bien sûr, certaines toiles ont eu ma préférence, en particulier, « l’ombre terrestre » de Magritte qui m’a laissé une forte impression. Ce tableau de taille modeste est sombre. Il représente la silhouette d’un dinosaure situé dans la pénombre. Dans cette pénombre, le dinosaure jette une autre ombre à peine plus sombre que la première. Ses bras d’apparence presque humaine sont agencés de manière paradoxale (un bras semble lui sortir du cou, l’autre de la jambe), il est courbé en avant, comme à l’agonie, une courbure qui tend vers le cercle, vers la révolution planétaire. Je trouve ce tableau très beau, effrayant et révélateur de l’état de notre inconscient collectif.
À l’heure où les think tanks néolibéraux se voient attribuer des sommes astronomiques pour contrôler les âmes, cette exposition « Surréalisme et antifascisme » sonne comme un avertissement. À ce jour, il existe malheureusement un lien étroit entre les désirs déraisonnables de croissance d’une élite et le risque de dérive autoritaire. Ne suffit-il pas de constater la prédation de certains multimilliardaires sur les entités de pouvoir et de contre-pouvoir pour s’en convaincre.
Cette exposition « Vous êtes au cœur du changement. Surréalisme et antifascisme », est à découvrir jusqu'au 10 janvier 2027 au musée d’art moderne de Varsovie.
