Le Roman Policier - dernières nouvelles

 

Bonjour à toutes et à tous,

Si vous consultez ce blog de temps en temps et que vous avez commencé à lire le roman policier en cours (et dont vous pouvez consulter les six premiers chapitres dans l'historique) je vous dois ici des explications. J'ai renoncé momentanément à publier d'autres épisodes en raison de l'évolution dynamique du récit au fur et à mesure de son écriture. Parce qu'il faut parfois revenir en arrière, modifier les détails, revoir la psychologie des personnages. L'écriture est en bon chemin. Je dirais même qu'un premier jet est dors-et-déjà sur le papier. 

 En commençant ce roman "policier", j'avais une très vague idée de la fin. Je n'avais pourtant pas prévu de terminer l'histoire telle qu'elle se termine désormais. Le caractère du lieutenant de police Alvarez a légèrement évolué pour devenir l'axe central de l'intrigue. Une autre histoire est venue s'insérer dans l'histoire.

Lorsque je la jugerai prête, je veux bien vous mettre à disposition l'histoire en entier, à condition que vous m'en fassiez expressément la demande, que vous le lisiez et que vous m'écriviez vos impressions  (positives comme négatives) en retour. Vous pouvez m'écrire à pascal.filemon@gmail.com

Pour l'heure, je n'ai pas encore réglé tous les détails tels que certains décors, ambiances, un rythme ou une musique cohérente. Je pense que ce n'est plus qu'une question de quelques semaines.

Donc, à bientôt j'espère, pour vous envoyer le lien vers le texte lorsqu'il sera prêt.

Je devine aux statistiques du blog que certaines personnes me suivent régulièrement. Malheureusement, je n'ai presque jamais de commentaires sous mes articles. Un petit mot au passage serait le bienvenu et motiverait énormément l'auteur de ces pages.

Je vous souhaite donc une bonne journée, soirée, matinée, selon l'heure et le lieu où vous lirez ces lignes ...

 

 

 

Journal - 25 septembre 2026


Sur la place de l’Europe à Varsovie, devant l’entrée de l’Institut Français, il y a six arbres.

Ce sont des conifères, mais je n’ai pas réussi à identifier l’essence. Les aiguilles déjà raréfiées ont jauni à l’extrémité, mais je ne crois pas que ce soient des Mélèzes (les Mélèzes perdent leurs aiguilles à l’automne), parce que je connais bien les Mélèzes pour avoir pu les contempler saisons après saisons près de la forêt. Non, ici, j’en ai bien peur, il s’agit de leur santé. Ces grands arbres sont cernés de toutes parts par de hautes tours d’acier et de béton. Ils semblent avoir été extrait de leur terre d'origine et replantés à cet endroit, sur un substrat urbain où l’on a peine à imaginer que puissent y prospérer lombrics, larves ou mycélium, mais dans lequel court un réseau de tuyaux noirs d’alimentation en eau. Il faisait nuit quand je suis arrivé. En touchant leurs aiguilles, j’ai ressenti une sorte de désespoir, peut-être la solitude des lieux.  Des conifères de montagne, replantés hors-sol ! Hormis l’Institut Français qui fait figure d’exception, de hauts buildings abritent des banques ou des corporations, comme Frontex. Le téléphone à la main, une poignée de salariés trentenaires vaque à ses occupations. Ces buildings sont si hauts qu’on ne voit pas le ciel. Pour ma part, je suis profondément pro-européen. Pour autant, ce que m’ont dit les arbres ce soir-là m’effraie.

On voit parfois des passants coller ou punaiser des affiches sur des arbres en ville. Les arbres sont devenus, à nos yeux civilisés, des poteaux que l’on coupe quand ils nous gênent, de la matière première, des objets d’agrément et de décoration. Les salariés de nos corporations semblent être devenus insensibles au vivant. Si nous ne voyons pas la vie à l’extérieur de notre corps, comment pourrions-nous la percevoir en nous ? S’il vous plaît, lorsque vous passerez à l’Institut Français, place de l’Europe à Varsovie, approchez-vous de ces arbres, chuchotez-leur quelques mots, touchez légèrement leurs aiguilles comme on tient la main d’un enfant, ou placez votre main sur le tronc. Ressentez ce qui est vivant en eux et en vous. Je vous assure qu’ils ne seront pas indifférents.

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Journal - 15 septembre 2026 - Au café Néro




 



Dans l’une de mes pages précédentes, j’avais évoqué cette peinture d’Anna Bilińska représentant la vue de Saska Kępa depuis la fenêtre de l’atelier de ce que je suppose être l'école des Beaux-Arts située à Solec. En remontant la rue Francuska (rue Française), je suis entré dans le café Nero dont la salle est décorée de photos anciennes, celle d’Agnieszka Osiecka, habitant la plus célèbre du quartier, en compagnie d’un barde lors du salon du livre en 1990. Il y a aussi cette photo de l’hiver 1903 à Saska Kępa. On y distingue un groupe de bâtiments qui font penser au logis d’un paysan très modeste. Un verger, les toilettes à l’extérieur, deux maisons basses, en bois, avec fenêtres, deux melons de paille, un poulailler, un appentis à l’arrière avec une cheminée. Le tout est très modeste, comme isolé au beau milieu d’un champ dont on ne voit pas l’horizon à cause du brouillard.        
Aujourd’hui, Saska Kępa est un dédale de rues, de bâtiments entre lesquels les habitants s’efforcent de préserver un peu de verdure, malgré la densité des voitures, ce qui rend le stationnement compliqué. Je constate que les Varsoviens ont ce souci dans la plupart des quartiers, au pied des grands immeubles. Certains endroits sont volontairement laissés comme à l’abandon. Ce ne sont pas comme des terrains vagues où chacun pourrait laisser ses détritus. Ces terrains sont plutôt propres, mais les herbes sauvages y poussent sans complexe, comme autant de petits morceaux de prairie. Cependant, vous trouverez plus souvent des jardinets, protégés par des palissades et des barrières, de petits paradis qui fleurissent du printemps à l’automne, parfois agencés d’un ou deux cailloux, ou d’un œil rempli d’eau pour les oiseaux. On y aperçoit de temps à autre un écureuil ou un hérisson. Il n’est visiblement pas permis d’y pénétrer. Ils sont donc accessibles à la vue, mais non au piétinement qui pourrait les endommager. Je me dis parfois que ces jardins sont comme nos souvenirs, accessibles et pourtant impénétrables. Leur charme s’exerce à bonne distance. Je repense à toutes ces personnes rencontrées dans ma vie, parfois seulement quelques instants. Eux m’ont certainement oublié. Je repense à mes proches, pas vu depuis longtemps à cause de la distance, des voyages compliqués. Je m’imagine des tablées au soleil ou sous la pergola, la joie de se revoir et d’évoquer le passé. Ces pensées sont des mirages, des jardins secrets, comme les jardinets de Varsovie, soigneusement entretenus, mais dont nul ne cueillera les roses.