Mardi, j’ai eu une courte conversation au téléphone avec Aga, c’était le soir. C’était au sujet de nos projets pour le soir de Noël. Parce que j’aurais préféré rester ici à cause des chats, à me repaître de silence et de solitude au point qu’il m’est possible d’entendre la salade qui égoutte lentement au-dessus de l’évier, ou de percevoir le souffle léger de l’air dans un conduit de ventilation, ou encore le cri lointain d’un oiseau dans le val. Je lui ai expliqué que venir à Varsovie supposait de transporter avec moi les deux chats qui ne voudraient pas dormir à cause des lampadaires qui ne s’éteignent jamais, la nuit, dans les grandes villes. Habitués à la nuit noire, les deux félins ne pourront s’empêcher de roder dans l’appartement, soit poussés par la faim qu’ils ont insatiable, soit qu’ils s’ennuient et cherchent des jeux ou des occupations. Il me faudra ainsi passer deux nuits blanches interminables à leur lancer des croquettes dans le couloir désert de l’immeuble vers deux heures du matin, puis à leur tenir la jambe en les faisant courir après des plumes accrochées à un fil jusqu’à quatre ou cinq heures, attendant que les deux finissent par tomber de fatigue.
Alors, Aga me répond qu’elle est triste à cause de ça, et je me mets à réfléchir. Je me dis que les fêtes de Noël sont aussi et surtout pour les autres davantage que pour soi, et que cela vaut bien le petit sacrifice de deux nuits blanches de ma part. Je la rappelle le lendemain pour lui dire que je viens.
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